La règle en clair
Le texte distingue trois moments : l'information à l'embauche, le premier entretien au cours de la première année suivant l'embauche, puis un entretien tous les quatre ans tant que le salarié reste dans la même entreprise.
L'entretien est organisé par l'employeur et réalisé par un supérieur hiérarchique ou un représentant de la direction. Il se déroule pendant le temps de travail et n'est pas un entretien d'évaluation : l'article l'écrit expressément.
Tous les huit ans, ce même entretien « fait un état des lieux récapitulatif du parcours professionnel du salarié ». L'état des lieux n'est donc pas un exercice séparé : c'est l'entretien de parcours qui prend cette forme à cette échéance. Lorsqu'il s'agit du premier état des lieux après l'embauche, il peut être réalisé sept ans après le premier entretien, la durée s'appréciant par référence à l'ancienneté dans l'entreprise.
L'entretien est proposé systématiquement au salarié qui reprend son activité après plusieurs situations énumérées par le texte, parmi lesquelles la fin d'un mandat syndical, s'il n'a bénéficié d'aucun entretien de parcours au cours des douze mois précédant sa reprise. Il peut avoir lieu, à l'initiative du salarié, avant la reprise de poste.
Dans les entreprises de moins de trois cents salariés, le salarié peut préparer l'entretien avec le conseil en évolution professionnelle de l'article L. 6111-6 ; l'employeur peut de son côté bénéficier d'un conseil de proximité de son opérateur de compétences de l'article L. 6332-1.
L'entretien est organisé dans un délai de deux mois à compter de la visite médicale de mi-carrière de l'article L. 4624-2-2. Le texte précise que l'employeur ne peut pas avoir accès aux données de santé du salarié ; les mesures éventuellement proposées par le médecin du travail en application de l'article L. 4624-3 y sont évoquées.
Lors du premier entretien situé dans les deux années précédant le soixantième anniversaire du salarié, les conditions de maintien dans l'emploi et les possibilités d'aménagement de fin de carrière sont abordées, notamment le temps partiel et la retraite progressive.
La démarche
- Vérifie que l'information sur l'entretien a bien été donnée à l'embauche : c'est une obligation distincte de l'entretien lui-même.
- Tiens le calendrier par salarié : date d'embauche, premier entretien dans la première année, puis échéances à quatre ans, et l'état des lieux à huit ans (ou sept ans pour le premier, selon l'ancienneté).
- Après une absence longue ou la fin d'un mandat, demande l'entretien à la reprise si aucun n'a eu lieu dans les douze mois précédents.
- Réclame la copie du document écrit : le texte la prévoit pour l'entretien comme pour l'état des lieux.
- Après une visite de mi-carrière, compte deux mois pour l'entretien et prépare les sujets d'adaptation du poste et de prévention de l'usure professionnelle.
- Dans une entreprise de moins de trois cents salariés, propose au salarié de préparer l'entretien avec un conseil en évolution professionnelle.
Textes et vigilance
Cet article a été réécrit par la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 et s'applique depuis le 31 décembre 2025 : le modèle antérieur, qui reposait sur un entretien professionnel tous les deux ans et un état des lieux à six ans, n'est plus le droit applicable. Une règle de transition figure au texte lu : l'article dans sa nouvelle rédaction s'applique à compter du 1er octobre 2026 aux accords collectifs d'entreprise ou de branche en cours de validité à cette date qui portent sur la périodicité des entretiens professionnels, et les entreprises ou branches ayant conclu un accord sous l'ancienne rédaction engagent une négociation de révision. Un accord collectif peut par ailleurs prévoir une périodicité différente, sans excéder quatre ans. L'abondement du compte personnel de formation en cas de manquement, dans les entreprises d'au moins cinquante salariés, renvoie à l'article L. 6323-13, non lu pour cette fiche.
- Lire l'article L. 6323-13 pour décrire précisément l'abondement du compte personnel de formation en cas de manquement, et l'article L. 6321-2 qu'il exclut du décompte des formations.
- Lire l'article L. 4624-2-2 sur la visite de mi-carrière et l'article L. 4624-3 sur les mesures proposées par le médecin du travail.
- Lire l'article L. 6111-6 (conseil en évolution professionnelle) et l'article L. 6332-1 (opérateur de compétences) pour décrire l'appui à la préparation de l'entretien.
- Vérifier les conséquences pratiques de l'absence d'entretien hors abondement du compte, sur le terrain de la jurisprudence, non contrôlée pour cette fiche.
- Confirmer la date de version et l'absence de modification postérieure au 29 septembre 2026, idéalement par un appel PISTE une fois les identifiants disponibles.
Un texte ou une décision à examiner ? Signale-nous sa référence.
- Tous les combien de temps a lieu l'entretien de parcours professionnel ? — Un premier entretien au cours de la première année suivant l'embauche, puis tous les quatre ans tant que le salarié reste dans la même entreprise. Un accord collectif peut prévoir une autre périodicité, sans excéder quatre ans (article L. 6315-1).
- L'entretien de parcours professionnel est-il un entretien d'évaluation ? — Non : le texte précise que l'entretien de parcours professionnel ne porte pas sur l'évaluation du travail du salarié (article L. 6315-1).
- L'entretien professionnel tous les deux ans existe-t-il encore ? — Non : l'article L. 6315-1, dans sa rédaction applicable depuis le 31 décembre 2025, prévoit un entretien la première année puis tous les quatre ans, et un état des lieux récapitulatif tous les huit ans. Une règle de transition concerne les accords collectifs en cours portant sur la périodicité.
- Le salarié reçoit-il un écrit après l'entretien ? — Oui : l'entretien donne lieu à la rédaction d'un document dont une copie est remise au salarié, de même que l'état des lieux récapitulatif (article L. 6315-1).
- 29 septembre 2026 · v1 · creation · Rédigée sur la lecture intégrale de l'article L. 6315-1 dans sa version en vigueur depuis le 31 décembre 2025, extraite du dump incrémental DILA LEGI du 2 janvier 2026 et recoupée sur Légifrance. Remplace le modèle obsolète « entretien professionnel tous les deux ans, état des lieux à six ans ».